Dura lex, sed lex.
La justice est passée, la justice est rendue. Et pourtant, à en croire certains, la justice serait donc injuste ?
Marine Le Pen est condamnée, c'est fait. Elle et ses complices sont condamnés pour détournement de fonds publics et complicité de détournement de fonds publics.
Toutefois, certains semblent céder aux sirènes de la victimisation tendue par quelques journalistes mal intentionnés. Des journalistes laissant penser que la condamnation, aussi sévère soit-elle, le serait pour évincer Madame Le Pen d’échéances à venir. Nous voilà donc dans une vérité alternative chère à M. Trump.
Je pense que nous devrions laisser cela aux partisans enragés par la situation du camp Le Pen.
Mais encore, ces partisans devraient pourtant être satisfaits que justice soit rendue avec "sévérité". Puisque, rappelons-le ici, Marine Le Pen ne réclamait pas moins de l'inéligibilité à vie pour ce type de méfaits.
Sur Public Sénat : « Quand allons-nous tirer les leçons et mettre en place l'interdiction d'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leur mandat ? » Eh bien, la voilà à moitié servie.
Qui a éteint les lumières ?
Au pays des Lumières, un plaisantin les a éteintes. Au point où même le Premier ministre François Bayrou ne voit plus où se situe la séparation des pouvoirs, remettant en cause la décision des juges.
Il est encore à déplorer que le caractère orienté de l'information rende difficile la compréhension. Le traitement médiatique dans cette affaire pose réellement problème.
Comme je m'y attendais un peu, la remise en cause de la décision de justice par les faiseurs d'opinion – notamment les éditorialistes soutenus par des polémistes, des intellectuels de service et orientés en cela par des questions de journalistes dont l'objectivité reste à prouver.
« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »
Ainsi, la condamnation pour détournement de fonds publics et complicité de détournement de fonds publics, passée par le filtre politico-médiatique, vous fait passer de délinquante à victime d’un système. Des heures de plateau à discuter d’une mesure récente dans le droit français : le caractère exécutoire provisoire de la peine. Ces heures de discussions sur les conséquences de ce dispositif vous font vite oublier la culpabilité des protagonistes.
En effet, ce dispositif peut être automatique ou discrétionnaire ; cela va dépendre du type d’affaire jugée et de la personnalité des prévenues. Mais surtout, ce que les débats médiatiques ne mentionnent pas, c’est la possibilité pour la défense de saisir le premier président de la cour d’appel afin de suspendre le caractère exécutoire de la peine.
Pour que le premier président de la cour d’appel suspende l’exécution de la peine, il faut réunir deux conditions que manifestement la défense ne pouvait présenter :
- Des chances sérieuses de succès en appel (erreur judiciaire flagrante).
- Un préjudice dépassant le cadre électoral (exemple : menace pour la vie démocratique ou liquidation du parti).
En somme, Marine Le Pen n’est pas la victime d’une machination politique visant à l’empêcher de se présenter aux élections de 2027 mais bel et bien des conséquences de ses actes illégaux.
Par conséquent, la décision de justice qui l’a déclarée coupable n’est pas une injustice. Et si elle avait eu la possibilité d’apporter les preuves qu’une décision en appel pouvait amener les juges à l’innocenter ou que cette décision pouvait nuire à l’existence du parti, alors elle pourrait participer aux prochaines échéances électorales de 2027.